mardi 23 octobre 2018

BALADES EN HUREPOIX: LA PROMENADE DE LA VANNE A SAVIGNY SUR ORGE.

                                     Une coulée verte sur le parcours d'un aqueduc.
"Je vais promener le chien sur la Vanne"... parole courante de savinien. Mais qu'est- ce que la Vanne? A première vue , cela se présente comme une sorte de coulée verte qui vient de Ris Orangis, traverse Viry Châtillon et le quartier du plateau à Savigny, et va se perdre aux confins de l'aéroport d'Orly. Cette coulée verte recouvre un aqueduc souterrain, qui achemine l'eau des sources de la Vanne (un affluent de l'Yonne), mais aussi de celles  du Loing et de son affluent le Lunain, pour aller alimenter  Paris en eau. Sur certaines parties de son parcours, cet aqueduc n'est plus souterrain: par exemple entre Arcueil et Cachan, il est à l'air libre et particulièrement imposant. Construit entre 1866 et 1874, il est long de 156km.
La promenade de la Vanne, avec le grand platane.

Cette coulée verte est gérée et entretenue, non par la commune, mais par "Eau de Paris".
Sur cette coulée verte, on peut certes promener son chien, ou tout simplement faire une balade. On peut même intégrer le parcours dans un circuit à vélo.
Nous suggérons deux parcours possibles, l'un relativement court qui part du rond point où aboutissent l'avenue Aristide Briand, l'avenue Gabriel Péri, et l'avenue de Champagne , et y revient, l'autre plus ambitieux, qui part, plus en amont, du rebord du plateau, et qui pousse jusqu'aux abords de l'aéroport d'Orly et retour.

                                         *1 er parcours (d'environ 50 minutes):

* Garez votre voiture avenue de Champagne, non loin du rond point, puis revenez vers le café Le Bardy, point de départ de votre balade. Vous suivrez ensuite le trottoir qui longe l'avenue en laissant le Bardy derrière vous. Vous vous trouvez très vite face  à un grand panneau: il vous révèle la présence d'un aqueduc qui achemine les eaux de la Vanne, du Loing, et du Lunain. On traverse d'abord une promenade agréablement aménagée sur le parcours de l'aqueduc: elle est encadrée de buissons taillés et ornée  de portiques décoratifs en bois. Toute une série de terrains de pétanque ont été aussi aménagés là. Les arbres qui bordent les deux rues parallèles à la promenade apportent au passant leur ombre bienfaisante en été.

Un panneau révélateur.

Une promenade aménagée...

… ombragée par les arbres des avenues voisines.


* On traverse là, un quartier pavillonnaire qui  s'est progressivement constitué entre les deux guerres: entre 1921 et 1939, près de 5000 habitations ont été construites sur une zone faite auparavant de vastes champs cultivés exploités par la ferme de Champagne, que nous allons croiser par la suite. Savigny ne comptait que 823 habitants en 1801. La ville s'est d'abord développée dans la vallée de l'Orge (le bas de Savigny), autour des châteaux de Savigny (actuel lycée JB Corot) et de Grand-Vaux (aujourd'hui disparu). En 1921, elle comptait 1915 habitants, et à la veille de la 2e guerre mondiale, après l'urbanisation du plateau, 13500!

Un vaste quartier pavillonnaire…

* Au bout de la promenade aménagée, on aperçoit sur la gauche, de l'autre côté de l'avenue, le café "chez Chris" à l'agréable terrasse extérieure qui peut être l'occasion d'une pause bienvenue, surtout en été; l'ambiance y est conviviale. Non loin de là, au bout de la promenade, les amateurs de pétanque, tous les jours que Dieu fait, qu'il pleuve, vente ou neige, s'adonnent à leur passion. On traverse une rue , et on continue tout droit sur un petit prolongement orné de bosquets; puis nous abordons une zone plus sauvage, couverte d'herbes folles, que sillonne un sentier.

Le café "Chez Chris".

Tous les jours que Dieu fait, les joueurs de pétanque sont là….

* On aperçoit bientôt, sur la gauche, la ferme de Champagne, qui exploitait autrefois tout le plateau. Créée au XIIe siècle, a d'abord dépendu de la seigneurie de Savigny. De 1744 à 1916, elle a été exploitée par la famille Petit, Charles puis son fils Louis. Ils en font une exploitation modèle: ils innovent pour le labour en faisant tirer une charrue par une machine à vapeur. En 1854, est créée ici la première distillerie d'alcool de betterave à sucre. Ses bâtiments ont été restaurés et sont voués aujourd'hui à divers usages. La ferme , acquise en 1945 par le ministère  de la justice , devint  un centre de réinsertion pour mineurs  délinquants. Depuis 2007, c'est un centre éducatif fermé pour une quinzaine de mineurs de 13 à 18 ans, qui dépend du service de la protection judiciaire de la jeunesse. Dans un but de réinsertion, on y forme les pensionnaires aux métiers de la restauration.  Divers services (théâtre, centre d'exposition...) ont été installés aussi dans certains bâtiments …

La ferme de Champagne aujourd'hui.

                    Vue de la cour intérieure : un théâtre et un centre d'exposition y sont installés.

* En poursuivant sur la "Vanne", on longe à gauche l'ancien mur d'enceinte de la ferme qui enserre un vaste parc d'où dépassent de grands arbres, des pins notamment,  et qu'encombrent divers bâtiments, dont certains semblent industriels: peut-être ceux de l'ancienne distillerie? A droite, on va longer à présent les villes de Juvisy, puis Athis Mons. On découvre bientôt, sur le parcours, un  superbe et majestueux  platane qui est l'ornement du lieu! Le platane une fois dépassé, on prendra la première rue à gauche, abandonnant ainsi la Vanne qui se poursuit en direction de Morangis puis de l'aéroport d'Orly. Un coup d'œil auparavant par dessus la clôture de l'ancienne ferme: quelques moutons paissent sous un arbre!
Le sentier sur la "Vanne"; à gauche, les grands arbres de l'ancienne ferme dépassent de la clôture..

Le grand platane.

Un coup d'œil par dessus la clôture: quelques moutons paissent sous un arbre.

* La longue rue que nous avons prise n'a pas de nom visible: elle va nous faire passer devant le cimetière de Savigny sur notre droite, puis devant un jardin public sur notre gauche - un jardin public qui a été visiblement aménagé sur d'anciens terrains de la ferme de Champagne, qui se profile à nouveau en arrière plan. Si vous avez un chien, n'entrez pas dans ce parc, c'est interdit à nos amies les bêtes! Au rond point, prendre à gauche la belle avenue des Marronniers qui traverse le quartier pavillonnaire. Continuer sur la même avenue au rond point suivant. Au n°37 , sur la droite, vous apercevrez une belle maison de 1931, récemment rénovée, qui arbore fièrement sa date de naissance sur sa façade. Au rond point suivant, le café L'ESCALE  pourra après ce parcours en constituer une  agréable, avec ses tables extérieures: l'accueil y est de plus d'une grande gentillesse.

La belle avenue des Marronniers.

Au 37 rue des Marronniers, une maison de 1931 récemment rénovée.


Le café L'ESCALE.

* On quitte ce rond point par l'avenue Gabriel Péri  qui va nous ramener, à travers le quartier pavillonnaire, vers le rond point du Bardy, notre point de départ. Ici bien des avenues ont des noms d'arbres (marronniers, tilleuls…) et les  rues ont des noms de fleurs: pervenches, bleuets, ou encore iris…On sent qu'il a fallu trouver très vite des noms à l'époque pour les nouvelles rues, d'où ces séries… plutôt poétiques.

                                                 * 2eme parcours (d'environ 1h30) :

* Pour ce parcours plus ambitieux, le point de départ serait sur la "Vanne", en amont du rond point du Bardy, le croisement entre la rue de Champagne, la rue Carnot  et la rue de la Montagne pavée qui descend vers le bas de Savigny,  c'est -à - dire tout au bord du plateau. L'aqueduc souterrain à cet endroit monte  de Viry-Châtillon et du bas de Savigny jusqu'au plateau, puis longe la rue de Champagne sur sa droite et une série de pavillons sur sa gauche. Ici, une partie de l'aqueduc affleure à la surface, ainsi que plusieurs constructions qui y sont liées.

L'aqueduc accède ici au bord du plateau en venant de Viry-Châtillon et du bas de Savigny.

Certains éléments de l'aqueduc, le long de la rue de Champagne, affleurent à l'air libre.

Autre vue. Quelques pancartes indiquent le souci d'Eau de Paris de favoriser la biodiversité en laissant pousser l'herbe et en n'utilisant pas de pesticides sur le parcours de l'aqueduc.

* Au bout de la rue de Champagne, au rond point du Bardy, on rejoint ensuite le premier parcours (voir ci- dessus).

*  Mais, au lieu de prendre la première rue à gauche après le grand platane, on continue sur la "Vanne". On croise bientôt une nouvelle rue, que l'on traverse pour continuer sur la "Vanne", qui passe à présent entre Morangis et Athis Mons. A l'entrée de cette nouvelle portion de la coulée verte, un autre très bel arbre, un acacia, nous accueille. Là encore , un panneau nous rappelle le souci de la biodiversité qui pousse Eau de Paris à laisser pousser les herbes folles. On observe d'ailleurs la présence d'un certain nombre de papillons qui semblent aimer l'endroit. De nombreuses fleurs prospèrent aussi sur le talus herbeux. Bientôt, au delà d'une route qui entre sur la droite dans Athis Mons, on aperçoit au loin l'aéroport d'Orly et on peut pousser jusqu'à ses abords.

A l'entrée de cette nouvelle portion de la coulée verte, un superbe acacia…

Un talus herbeux, au profit de la biodiversité. 

Un tronçon de la coulée verte bien fleuri.

Au delà de cette rue qui entre à Athis Mons, on devine déjà l'aéroport d'Orly.

Autre vue.

* On revient ensuite sur nos pas jusqu'à la rue qui part sur notre droite vers le cimetière (dernière rue avant le grand platane), et on reprend ainsi la suite du parcours n°1 jusqu'au rond point du Bardy et au delà jusqu'à notre point de départ, au bord du plateau.


dimanche 7 octobre 2018

AU COEUR DU MARAIS DE MISERY avec les GARDES ANIMATEURS DEPARTEMENTAUX (basse vallée de l'Essonne).





                             Alexandre et Mathieu, gardes animateurs,  ont accueilli le groupe.

Le marais de Misery est un "site naturel sensible", et protégé, de 88 hectares qui se déploie sur la rive nord de la basse vallée de l'Essonne, entre Vert le Petit et Echarcon. Il est géré depuis 1995 par le département. Il est situé en face du marais de Fontenay, qui se déploie sur la rive sud de l'Essonne. Si deux observatoires sont accessibles, l'un en permanence, l'autre le mercredi et le week-end seulement, on ne peut accéder au cœur du marais qu'en visite guidée, à condition d'avoir constitué un groupe d'une quinzaine de personnes: c'est ce que nous avons réussi à faire pour ce dimanche, et nous avions rendez-vous avec deux gardes animateurs  départementaux.


                        

Les voitures garées sur le parking prévu à l'entrée du site, nous avançons sur le chemin qui entre dans le marais: on découvre d'abord une plateforme pédagogique avec vue sur une vaste prairie où paissent quelques bovins. On apprend que ce sont des vaches de race Highland cattle , dont la mission est d'entretenir la prairie en y paissant. Des pies noires sont également utilisées. Ces races s'adaptent bien aux milieux humides et peuvent vivre à l'extérieur toute l'année;

Une plate forme pédagogique donnant sur une prairie.

La prairie.

Cette prairie était avant l'acquisition du site par le département occupée par des plantations de peupliers. Tout a été déboisé et la prairie qui existait antérieurement a pu naturellement réapparaître. Et les vaches l'entretiennent! Grâce au retour de la prairie, plusieurs espèces d'insectes remarquables ont paraît-il recolonisé les lieux…


En avançant encore, on passe au dessus du ru de Misery qui pénètre ici dans le marais et rejoindra l'Essonne.

Le ru de Misery.

Alexandre et Mathieu, les gardes animateurs, entreprennent une présentation du site .

Alexandre et Mathieu, guides animateurs départementaux, sont venus à notre rencontre et entreprennent de nous présenter le site.
Quelques  panneaux pédagogiques sont à la disposition des visiteurs; nos guides nous invitent à observer notamment un plan du marais .

   On s'aperçoit alors que le site comporte 5 étangs principaux: tous ces plans d'eau et les chenaux qui les relient correspondent paraît-il à d'anciennes fosses à tourbe. On a exploité la tourbe ici depuis le Moyen Age pour produire du combustible! On découvre sur ce plan l'emplacement des différents points de vue ou observatoires. L'observatoire du petit marais (sur la droite) l'est. Celui des Gravelles, donnant accès à l'étang du même nom (à gauche) l'est de façon réglementée: le mercredi et le week-end. Non loin des panneaux, un portail fermé empêche le passage vers un chemin qui s'enfonce dans le coeur du marais en suivant le ru de Misery. Cette partie n'est visitable qu'en groupe, avec un guide, en raison de la dangerosité du marais, mais aussi pour la tranquillité des oiseaux. Aujourd'hui, le portail va s'ouvrir, et le marais va nous révéler ses secrets!

       
Et c'est d'abord la distribution du matériel: chacun reçoit s'il le désire une paire de jumelles; les gardes pour leur part, vont se munir de très puissantes longues vues qui nous permettront de voir de près les hôtes des étangs.

On règle les jumelles...

Première surprise : ce joli pavillon date de l'époque où le marais était un domaine de chasse pour un châtelain local. Nous découvrirons bientôt que le dit châtelain avait fait planter du buis de chaque côté de l'allée principale du site (buis aujourd'hui détruit par une maladie). Nous apprenons qu'il existe une "maison du garde" de même époque, en fait la maison de l'ancien garde chasse du châtelain (il s'agirait du châtelain de Fontenay le Vicomte ).

Nous parvenons bientôt à un premier observatoire…

Il s'agit de l'observatoire de la "mare aux Sarcelles"... (photo: Janine Esquirol).

Il ouvre surtout sur une prairie, et nous permet d'admirer de plus près les fameuses vaches Highland cattle : fourrure et belles cornes…

Nous quittons l'observatoire et poursuivons notre découverte.

Nous nous enfonçons plus avant au cœur du marais en suivant le chemin principal, ce chemin que le chatelain avait bordé de buis aujourd'hui en piètre état, car victimes de la chenille d'un papillon de nuit blanc aux ailes bordées de gris, la pyrale du buis. D'origine extrême orientale, ce papillon a été introduit accidentellement en Europe en 2000 et fait depuis beaucoup de dégâts.

Le chemin bordé de buis.

Pyrale du buis (doc internet).

Nous croisons parfois une étendue d'eau...

… où se profile la silhouette d'un héron.

Notre cheminement est ponctué de pauses, au cours desquelles nos guides nous expliquent un point concernant  la faune ou la flore du marais, et répondent à nos questions.

Nous découvrons ici par exemple le garde manger de la sittelle torchepot: cet oiseau coince des graines dans les rainures de l'écorce (on aperçoit un reste de graine - cliquer sur l'image pour l'agrandir) pour se faire des réserves… (photo: Régine Hurteau).

Sittelle torchepot, oiseau  appelé ainsi car il enduit de boue l'entrée de son nid (dans un trou d'arbre) pour en diminuer l'ouverture (photo JMS- prise au parc nord des Ulis).

Nous suivons toujours le chemin principal…

Nouvelle ouverture sur une mare entourée d'une verdure où se joue la lumière.

Nouvelle pause pour admirer un crâne de sanglier.

Chacun veut sa photo !

On pose même avec le crâne de la bête!

On apprend que les sangliers prennent des bains de boue pour se débarrasser des parasites (tiques, puces…) qui élisent domicile dans leur fourrure: le bain de boue terminé, ils vont se frotter aux troncs des arbres pour se débarrasser de la boue, et les dits parasites partent avec la boue. Les bases boueuses et frottées des arbres sont des indices de la présence du sanglier.

Nous parvenons à un nouvel observatoire.

Au loin, poules d'eau et canards… Des colverts bien sûr, mais à la jumelle on pouvait identifier des canards chipeau et un canard souchet.

Grâce à une tablette, nous faisons connaissance avec le canard chipeau. . La femelle ressemble à toutes les femelles de canards.


Le canard souchet, lui, peut être confondu de loin avec le colvert si on est inattentif: il se distingue notamment par son bec fort et très long, son œil jaune, et la tache marron clair sur ses flancs ; le mâle est coloré, la femelle terne.(Photo JMS prise  au parc Nord des Ulis).

Nos guides nous expliquent alors la différence entre canards de surface, comme le pilet ou le souchet, et canards plongeurs, comme les fuligules (Photo Louis-Ernest Pancrate). le canard de surface a une ligne de flottaison plus haute. Le canard plongeur a , lui, les pattes plus en arrière du corps . 

Nous faisons la connaissance du fuligule morillon, canard plongeur, grâce à un spécimen empaillé. Ce canard a la particularité de courir sur l'eau avant de s'envoler.

Il est ensuite question du "trésor" de ce marais: le BALBUZARD pêcheur. Un couple est arrivé en 2000 sur le site de la forêt d'Orléans. "Sur 60 couples présents en France, 25 sont dans la forêt d'Orléans, et nous en avons 1 ici" explique notre animateur. Les premières naissances ont eu lieu en 2005.C'est un migrateur qui se replie en Afrique. Les couples sont fidèles. Problème: le mâle la saison dernière n'est pas  revenu. Le balbuzard peut vivre 30 ans, et 15 ans en milieu naturel.
Nous avons pu apercevoir  à la jumelle leur vaste nid  (photo: Claude Poirson). Le premier nid s'était effondré. Les gardes ont installé une planche comme support.  Ils ont aussi  bagué les jeunes.

Un de nos jeunes guides nous montre alors une belle plume de ce fameux balbuzard, preuve indiscutable de sa présence sur le site.

Nous sommes tous fascinés, dirait-on ! (photo:Janine Esquirol).

Nos guides nous parlent aussi du martin pêcheur, hôte au plumage coloré des lieux ( à partir d'un spécimen empaillé). "Il vole à la surface de l'eau et harponne ses proies avec son bec". On apprend que la femelle a le bout du bec rougeâtre, et que cet oiseau creuse des terriers dans les berges. Lors de la parade, le mâle apporte les poissons à la femelle et semble se prosterner, attendant que la femelle les accepte; si elle les accepte, la reproduction a lieu. Les couples sont fidèles plusieurs années. Les mâles restent sur le site, les femelles s'en éloignent (photo de Louis Ernest Pancrate prise au parc Nord des Ulis).

A partir d'un autre spécimen empaillé, nos guides nous en disent plus sur le pic epeiche. Cet oiseau creuse un trou dans un arbre pour y loger son nid. Il "tambourine " sur les troncs d'arbre non seulement pour y creuser son nid, mais aussi pour manger ou pour signaler que là est son territoire. On a calculé qu'il tape 15 000 fois par jour! (photo de  Louis-Ernest Pancrate prise au parc Nord des Ulis).

Alors que le pic epeiche est plutôt dans les bois,  le pic vert, lui, est souvent dans les prairies (photo de JMS prise au parc Nord des Ulis).

La visite continue, et cette fois nous nous enfonçons encore plus au cœur du marais, par un chemin très étroit qui passe entre des fondrières ou des trous d'eau: on nous recommande bien de ne pas nous égarer sur les côtés.

Nous voilà en pleine nature sauvage à 50 km de Paris!

Une vague impression de traverser une jungle…

A gauche du chemin, l'eau se cache sous la végétation.

Un de nos guides fait l'expérience de monter sur un tronc: il fait bouger une vaste épaisseur de végétaux entremêlés qui cache en réalité l'eau ou la tourbe.

Nous continuons à avancer.

Une grande partie du marais est tapissée de ces fougères, d'une variété spéciale: la fougère des marais. Elle est propre à la vallée de l'Essonne et protégée.

Au passage, nous voyons plusieurs fois de beaux champignons.

Cette plante aux grandes feuilles qui fabrique ces gratons ( piquants accrocheurs) qu'on s'amuse bêtement à se jeter a été identifiée: la bardane!

                                Nouvel arrêt pour identifier une plume trouvée sur le chemin.

Beau moment dans la lumière de cette belle journée.

Nous avançons... l'impression de forêt vierge ne se dissipe pas !

Nous arrivons à la "maison du garde".

Nous apprenons que c'est l'ancienne maison du garde chasse du châtelain d'autrefois (photo: Louis Ernest Pancrate).

Il est alors question des chauves souris, qui trouvent abri dans cette maison. Petite bête très utile pour  nous débarrasser des moustiques...Elles consomment une tonne d'insectes en été! Malheureusement elles sont en voie de disparition , il y a beaucoup de mortalité. Elles s'abritent dans les maisons si elles peuvent ou dans les vieux arbres.

Nos amis semblent vraiment passionnés par ce qu'ils apprennent.

On enchaîne avec un peu de botanique. Quelle est donc cette fleur?

Il s'agit de l'épatoire chanvrine ou chanvre d'eau, ainsi nommée car ses feuilles ressemblent à celles du cannabis ( mais ce n'en est pas!). Elle se plaît en milieu humide et est très appréciée des insectes. Elle a des vertus médicinales : apéritive, diurétique, vermifuge. on dit aussi que les cervidés blessés viennent y frotter leurs plaies.

Nous avons avancé et nous voici arrivés à un 3e observatoire.

Nous n'apercevons pas grand chose sur l'étang, sinon un cygne… Justement nous sommes sur l'observatoire de l'étang aux cygnes

Mais notre attention est attirée sur ces concrétions confectionnées par une guêpe solitaire…

Un autre sujet va  bien nous intéresser à présent...

… Nous découvrons une "plaque à serpents" installée là par les gardes. Le serpent peut se glisser dessous et y trouver un micro climat favorable.

Le chapitre des serpents est alors ouvert: notre guide nous montre des œufs de serpent. Les battements de cœur des différents embryons s'harmonisent paraît-il, et ils sortent en même temps. Une couleuvre pond 20 œufs (photo: Jaja).

Puis nous découvrons des mues de serpents: vipère à gauche, couleuvre à collier à droite. La mue peut faire 1,30m de long. On apprend que les vipères ont de petites écailles barrées d'un trait, tandis que les couleuvres ont de plus grosses écailles ; les serpents ont une bonne ouïe, mais une mauvaise vue (photo: Janine Esquirol).

Nos guides sortent alors de leur musette un crâne de ragondin. Occasion aussi de parler du castor, qui revient dans nos contrées à partir du val de Loire. Le ragondin creuse un terrier, le castor construit une hutte … et des barrages.

En cheminant, nouvelle surprise , le guide attrape une petite grenouille, qui a son moment de gloire sous les objectifs…

Il s'agit d'une "grenouille agile": elle a des grandes pattes et peut sauter jusqu'à 1 m de haut  (photo: Louis Ernest Pancrate).

Quelques pas plus loin, c'est une grenouille verte qui nous tombe entre les mains. Il existe 3 espèces de grenouilles vertes en Essonne paraît-il (photo: Jacqueline Mazeau).

Nous arrivons à notre dernière étape: un dernier observatoire en forme de tour: c'est la tour de la petite prairie (photo: Louis Ernest Pancrate).
Sous le toit, des nid d'hirondelle artificiels ont été placés pour aider les oiseaux; ils ne sont pas fréquentés pour l'instant.

Du haut de la tour, le point de vue est large sur le marais.

Au loin passe un groupe d'oies bernaches.

Dans l'observatoire, ce sont les derniers échanges: on parle aussi des oies bernaches du parc Nord des Ulis, et de leurs migrations estivales…(photo: Louis Ernest Pancrate).

La visite est finie, nous gagnons la sortie, fatigués mais plutôt ravis. Mais avant de quitter le site, une belle photo de groupe s'imposait au cœur du marais!

                              Avec les gardes animateurs départementaux Alexandre et Mathieu.


Le groupe "Les visiteurs du Hurepoix", qui visite la région depuis 9 ans, est composé d'amis venus de différentes communes du sud de l'Ile de France: ce jour-là les membres présents venaient de Chilly-Mazarin, L'Hay les Roses, Meudon, Verrières le Buisson, Fresnes, Gometz la Ville, Les Ulis…

L'observation des oiseaux en milieu ouvert est aléatoire: nous n'aurons pas eu la chance d'en voir beaucoup, ni de rares. Mais la visite vaut par les nombreuses informations données sur la faune et la flore du marais au fil de la balade. Et puis nous avons eu le privilège de parcourir le cœur du marais, une expérience rare .
La visite a donc été pour ces raisons passionnante ; et  c'est vraiment une expérience à vivre, au coeur d'une nature sauvage à 50 km de Paris ! Le groupe était enthousiaste!