samedi 25 octobre 2014

Le Dourdannais à pied : de Les Granges Le Roi à l'abbaye de l'Ouÿe.

LES GRANGES LE ROI.
 Ce village  dépend depuis toujours de la seigneurie de Dourdan , qui appartient au domaine royal. En 1253, Jean de Bourguinel reçoit de Philippe-Auguste tous les droits seigneuriaux de Dourdan et de plusieurs domaines des Granges-le-Roi. En 1266, il les revend aux religieux de l'abbaye de Longchamp. Par la suite , la seigneurie de Dourdan sera confiée  aux comtes d'Évreux et au duc de Berry, de 1400 à 1478, puis aux ducs de Guise de 1559 à 1588, aux ducs de Sully de 1611 à 1672, et enfin, de 1672 à la Révolution, aux ducs d'Orléans. La commune compte deux hameaux, la ferme de Villeneuve, où vit au XVIIe siècle le chevalier de Passart, grand bienfaiteur de l'hôtel-Dieu de Dourdan, et le hameau de l'Ouÿe, où une abbaye est fondée en 1163.


 L'église Saint-Léonard est concédée en prieuré aux chanoines de l'abbaye de Saint-Chéron-lès-Chartres en 1150. Chaque année, le jour de la fête patronale, les jeunes enfants de la région qui tardent à parler sont amenés en pèlerinage à l'église afin que saint Léonard, réputé faire parler les bègues et les muets, leur délie la langue.


La tour carrée de l'édifice, haute et massive, domine les environs. Servant à entreposer les sacs de grains, la tour était également utilisée comme moyen de défense. En effet, une canonnière porte dans sa partie inférieure un trou permettant d'orienter le tir d'une pièce à feu.


 La nef est à chevet plat. La partie de gauche semble être un ajout plus récent.


Le portail occidental, en arc brisé, est le seul vestige de l'église primitive.  Son style est proche du roman tardif pratiqué au XIIe siècle dans le milieu rural. Il est encadré d'un porche profond , que l'on retrouve dans d'autres églises de la région/


Sur la façade de la maison voisine de l'église , un curieux petit personnage.


Le voici de plus près.

 Au bord de la rue principale, je remarque une maison abandonnée en proie à l'œuvre du temps.



Un chemin , depuis le village , nous emmène à travers bois en direction de l'abbaye de l'Ouÿe... Où mène donc ce petit pont de bois?


... vers le puits des Granges , masqué par deux dalles en grès ; creusé en 1791 , il est profond de 36 m .


La Fontaine Frileuse , alimentée par une nappe souterraine, a fourni l'eau au village pendant des siècles. Au XVIIIe siècle , son débit étant insuffisant , on a creusé à quelques mètres le puits des Granges.

Une grande salle souterraine , prolongée par une galerie de 3 m , et creusée de plusieurs fosses , a été édifiée.


Nous poursuivons notre promenade par le chemin du Caribotain.  Les allées de la forêt portent des noms qui sont indiqué par des panneaux et certaines curiosités sont également signalées.


 Au bout de cette belle allée , se dresse une superbe chêne de 36 m de haut , âgé de 250 ans , dit le "chêne aux loups". C' est qu'il y en avait ,dans la forêt de Dourdan , des loups au XVIIIe siècle! En 1754 une bande de loups terrorisa la région , s'en prenant aux bêtes et même aux hommes. La dernière attaque de personnes date de la 1e guerre mondiale.


Dans la forêt , on parvient à un carrefour de chemins : le carrefour du Caribotin. Les jeunes du village venaient y danser en musique , tandis que les vieux les regardaient et discutaient...


Ce beau chemin va nous emmener jusqu'à la vallée de l'Ouïye.

VALLEE ET ABBAYE DE L'OUYE .

Située à 3 km au sud ouest de Dourdan , la vallée de l'Ouÿe fait partie de la commune de Les Granges Le Roi. Elle est liée à une légende selon laquelle un prince égaré aurait été "ouï" ici par ses compagnons. En remerciement , il aurait fait ériger sur place un sanctuaire. Louis XIII connaîtra plus tard la même mésaventure que ce prince.
Une abbaye est fondée en 1163 dans la vallée de l'Ouÿe par le roi Louis VII le Jeune pour les moines Grandmontains , jusqu'en 1770 date à laquelle cet ordre monastique est dissous. Des religieuses bénédictines venues de Clairefontaine en Yvelines prendront bientôt le relais. L'établissement , dont l'abbesse est Mme de Portal, a vocation de recevoir les dames de la noblesse pour une période de repos et les jeunes filles afin de parfaire leur éducation. C'est aussi un lieu d'enfermement : ainsi en 1779, la princesse de Rohan, sous le coup d'une lettre de cachet, préfère-t-elle l'abbaye de l'Ouÿe à la prison. Pendant la Révolution, l'abbesse est arrêtée pour avoir abrité des prêtres réfractaires, et elle est exécutée en 1792. Vendu comme bien national, le domaine appartient à des particuliers. C'est en 1945  seulement que l'abbaye est rendue à un usage religieux : des Ursulines l'occupent et en font maison d'accueil recevant des groupes de réflexion et de prière. Mais les religieuses ont quitté l'abbaye en 2012. Elle est restée en vente jusqu'en 2015. Des travaux sont entrepris pour en faire un centre d'accueil pour des jeunes du diocèse de Paris.


On a à peine quitté Dourdan par une petite route sinueuse que l'on se retrouve dans une vallée occupée par une belle prairie et bordée de bois.


Plus loin , on atteint un espace cultivé complètement clos par les bois.




En automne , le jeu de la lumière sur les champs les fait rougeoyer.


Un espace isolé du monde , un havre de paix.



A l'approche de l'abbaye.


                                          Au bout de la petite route , l'abbaye de l'Ouÿe...


Le portail nord et la nef de l'église abbatiale.


Le portail vu de face.


On distingue des dépendances et un drôle de clocher pointu à droite .


L'église abbatiale , en partie cachée par les arbres. La partie occidentale a été aménagée en locaux d'habitation sur trois niveaux (accès par l'ancienne porte des fidèles encadrée de trois voussures à gauche), tandis que la partie orientale a conservé son usage de chapelle.

                                              
                                  Le chevet semi-circulaire de l'église domine un beau jardin.
                                    

On aperçoit au fond le colombier et une partie des bâtiments conventuels.


Au sud , un chemin herbeux mène à un autre portail.


                        On voit mieux ici le colombier , qui faisait partie de la ferme du monastère.


Vue rapprochée du  portail sud.


Un chemin , appelé chemin de la Messe , longe l'abbaye et s'enfonce dans le bois en direction de  Les Granges Le Roi.


Rougeur des champs moissonnés en automne.


A travers les bois.


                                              On traverse ensuite un vaste espace découvert.


Le chemin va nous ramener à notre point de départ : Les Granges Le Roi.


AUX ENVIRONS DE LES GRANGES LE ROI:

         
                       La ferme de Villeneuve appartenait au XVIIe siècle au chevalier de Passart.
                                
                                          On distingue bien au centre le beau corps de logis.


La route de Les Granges Le Roi bordée de beaux arbres.

A VOIR AUSSI : DOURDAN, VILLE MEDIEVALE.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire