jeudi 23 février 2017

LA MAISON D'AMBROISE PARE ET D'ARMANDE BEJART A MEUDON (musée d'Art et d'Histoire de la ville).

Longtemps appelée "maison Molière", cette demeure (XVIe-XVIIe s) a notamment été habitée par  l'illustre chirurgien Ambroise Paré (1550-1590) et Armande Béjart, veuve de Molière (1676-1700), qui l'habite épisodiquement avec son nouvel époux Guérin d'Estriche. Elle est située au pied des terrasses de Meudon (ancien domaine royal). Elle est classée Monument historique en 1897. C'est depuis 1973 le Musée d'Art et d'Histoire de la ville.


                                                              La maison vue du jardin.

A l'origine n'existait que la partie centrale, agrandie entre 1590 et 1626 par la famille propriétaire d'alors; à cette époque le porche central est percé et le jardin est agrandi. En 1645, les deux ailes latérales sont ajoutées par Rollin Burin, conseiller du roi Louis XIII.

                                              Aperçu de la décoration intérieure :

                          


                                                                     LE MUSEE:
Il a trois centres d'intérêt principaux:
. L'histoire de la maison et du domaine royal de Meudon tout proche (actuelles "terrasses de Meudon").
. Une collection de tableaux des XIXe et XXe siècles principalement.
. Une collection de sculptures contemporaines, dans le musée et dans le jardin.

                                             * LE DOMAINE ROYAL DE MEUDON:

                                                     * Le temps des constructeurs:



Cette maquette permet de comprendre le site du domaine: le château vieux (au centre de la photo) n'existe plus. Le château neuf (en haut et à droite) est devenu l'actuel observatoire de Meudon.

Cette gravure représente le château vieux côté entrée principale du parc.
Un premier château avait été bâti à la Renaissance, à l'emplacement d'un castel médiéval, par François 1er pour sa maîtresse Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes; ensuite, après 1552, il fut agrandi par le cardinal de Lorraine, Charles de Guise, nouveau propriétaire. Il y réalise aussi à cette époque la "grotte de Meudon", avec le concours du Primatice. Puis après 1654, Abel Servien, surintendant des finances de Louis XIV, fait appel à Le Vau, qui crée un pavillon central et une vaste terrasse sur l'avant cour, afin de dégager la vue sur le château.

Cette autre gravure représente la partie située à l'arrière du château vieux.

C'est également Le Vau qui construit une orangerie au pied du château (elle existe toujours), et perce une grande perspective au sud du château, agrémentée de bassins et étangs.
Louvois, nouveau propriétaire après 1679, embellit encore le château et fait appel à Le Notre pour aménager les jardins bas et entreprend de grands travaux hydrauliques pour alimenter fontaines et plans d'eau.
Après 1691, le domaine échoit au Grand Dauphin, fils de Louis XIV. Il ajoute une aile au château, y fait construire par Hardouin Mansart une chapelle qui servira de modèle à celle de Versailles. C'est lui qui va faire construire le Château neuf, à la place de la grotte du Primatice, passée de mode, pour y loger ses intimes.

Maquette de la "grotte de Meudon"(fin XVIe), construite pour le cardinal de Lorraine. Le Grand Dauphin la fera détruire au XVIIe pour construire le château neuf.

* Le domaine de Meudon du  XVIIIe à nos jours:

Un peu délaissé après la mort du Grand Dauphin (1711), le domaine verra passer d'autres hôtes de marque, tels que Saint Simon, Louis XV et ses enfants, Stanislas Lesszynski, beau père du roi. C'est le château de Bellevue (aujourd'hui disparu), construit pour Mme de Pompadour, qui a la cote à l'époque. Sous Louis XVI, il reste un lieu de chasse et de villégiature. Le roi y perdra son fils aîné en 1789.

L'orangerie, seul vestige intact du domaine. Le château vieux se trouvait au dessus, sur la terrasse.

Après la révolution, il est transformé en atelier d'artillerie et école militaire. Le château vieux est endommagé par un incendie en 1795, puis démoli de 1803 à 1808. Le château neuf sous l'Empire devient en revanche la résidence du roi de Rome, né en 1811. Sous la restauration, Charles X et Louis Philippe y résident à l'occasion de chasses. Sous le second Empire, le château Neuf devient la résidence du prince Napoléon, cousin de l'Empereur. Un incendie endommage cette fois le château Neuf pendant la guerre franco-prussienne de 1870; il tombe en ruines, que l'astronome Jules Janssen transformera en observatoire en 1885.

Le château neuf remanié est devenu l'observatoire de Meudon.

Au sud , la perspective à l'origine se prolongeait jusqu'au delà du vallon de Chalais.

Statue de Janssen sur la terrasse.

Les terrasses de Meudon sont aujourd'hui connues pour le panorama sur Paris qu'on y découvre.


* LA COLLECTION DE PEINTURES:

Elle comporte des œuvres représentatives de diverses tendances de la fin du XVIIIe  au XXe siècles distribuées dans quatre salles: paysage historique et école de Barbizon (fin XVIIIe, 1e moitié du XIXe), peinture paysagiste puis impressionniste (1860-1900), écoles diverses en réaction à l'impressionnisme (symbolisme, nabis etc...1889-1925), du fauvisme à la non figuration (1905-1950)

QUELQUES OEUVRES...

Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Des vues de Meudon au XIXe s :

La vue que l'on avait sur Paris depuis la chambre du Grand Dauphin dans le château vieux.
Huile sur toile de J.B.G.LANGLACE (1786-1864) datant de 1818.

Prosper Galerne (1836-1922): la Seine au bas Meudon - 1878.

La tour Marlborough - Hameau du château de Bellevue.
Ce château de Meudon aujourd'hui disparu qui avait été construit pour la Pompadour.


Alexandre Desgoffes (1802- 1882): dans les bois de Meudon -1844.

Du paysagisme à l'impressionnisme:

Jules Dupré (1811-1889): bord de rivière - vers 1840/50.

Théodore Rousseau: chênes et châtaigniers. Vers 1845/50. Ecole de Barbizon.

Eugène Delacroix (1798-1863): vue des hauteurs de Champrosay. Vers 1850.
Le peintre possédait une maison de villégiature à Champrosay (commune de Draveil).

Eugène Boudin (1824-1898): le port de Camaret- 1872.


Alfred Sisley (1839-1899): le chemin des petits prés à By.1880.


Après l'impressionnisme:

Odilon Redon (1840-1916) : paysage 1870. Ecole symboliste.


   Charles-Victor Guilloux (1866-1949) : le sentier 1895.
Ecole symboliste.

Maurice Chabas (1862-1947): paysage synthétiste sur l'Aven - vers 1900.


Albert Marquet (1875-1947): l'île  aux cygnes. 1919.

Roger Bissière (1886-1964): pastorale - 1946.


Jean Arp (1886-1966) peintre et sculpteur, cofondateur du mouvement dada et proche du surréalisme.


Gustave Singier (1909-1984) : nuit de Noël - 1950.

Alfred Manessier (1911-1993): Printanier 1956.

Jean Le Moal (1909-2007): Ceres - fresque sur ciment.



Zao Wou Ki (1920-2013) -Sans titre 1959.
Tenant de " l'abstraction lyrique".

* SCULPTURE COMTEMPORAINE:

     De nombreuses œuvres sont à découvrir dans le musée et dans le jardin.

Auguste Rodin (1840-1917): l'homme qui tombe -1882.

Auguste Rodin: la France - 1904.


Une œuvre d'Antoine Bourdelle (1861-1929) représentant une bacchante (début XXe s).

Antoine Bourdelle: étude en bronze pour le monument à son maître Rodin - 1910.


Venus, par Jean Arp (1896-1966)


François Stahly (1911-2006)- Etoile de mer. 1960 (à partir d'une souche).

Andras Beck (1911-1985): lueur -1962.

Au premier plan: Andras Beck: incommunicabilité, bronze.

René Collamarini (1904-1983): l'ange noir -1969.

Etienne Hadju (1907-1996): le bourgeon -1971 en zinc.

Tetsuo Haradu né au Japon en 1949: évasion n°2- 1975. Marbre blanc et acajou.


Parvine Curie (née en 1936): Banyan-Claustra -1982 en bois de teck et tissus cousus.

Parvine Curie: le voyageur -1990/91.

Sébastien Tamari (1900-1991):la jeune fille - 1990/91, en bois.

La jeune fille - détail.

* UN COUP D'OEIL DANS L'EXPOSITION TEMPORAIRE consacrée aux dessins de François STAHLY :
A la fin des années 80, le sculpteur se consacre au dessin. Il s'agit de griffonnages de nature quasi automatique, au stylo, au feutre fin, à l'encre de Chine ou à la mine de plomb...


Le visiteur est accueilli dans la première salle par une belle sculpture de Stahly (1911-2006) : le serpent de feu, créé en 1953.

Quelques dessins:



Le monstre nocturne - 1992-93 - Encre photocopiée, redessinée au crayon vert et rose orangé.

La tentation de Saint-Antoine -1980/93.Encre photocopiée redessinée et collage.

La diane d'Ephèse 1990-94 - Encre.
* DANS LE JARDIN:

Visite du jardin de sculptures, bien fleuri en mars.


Au seuil du jardin, deux chérubins baroques nous accueillent. En voici un.


Plus loin une statue féminine de facture classique: Marguerite aux bijoux. Ecole française du XIXes.

Léon Ernest Drivier (1878-1951): idylle.

Sculpture décorative ornant une fabrique.


Mais l'Art contemporain se taille la part du lion:

René Collamarani: Fantaisie - 1974


François Stahly: combat d'oiseaux horizontal - 1957/59.

Une autre œuvre de Stalhy présente dans une petit square situé en face de la maison:
Fontaine - 1960.

Andras Beck: Nike - 1973


Vincent Batbedat (1932-2010): structure du cube IV 1996.

Phénix en bois de Philippe Scrive (né en 1927) -1983.


André Bloc (1896-1966): le couple - 1963, bronze.


Un peu plus loin, les visiteurs découvrent la présence d'une vigne...

C'est le "clos Rabelais": 250 plants de Cabernet plantés en 1994.Il symbolise le passé viticole de Meudon. Pourquoi Rabelais? Parce que le célèbre écrivain avait été curé de Meudon de 1550 à 1552.

Non loin de la vigne de nouvelles sculptures:

René Courtelle (1927-2012):couple -1980, granit rose.

Robert Frachard (1921-2012):jubilé -1994.

Art Brenner (1924-2013):Vénus allongée, acier.1995.

Robert Fachard: sans titre - 1974.


Vue de la propriété depuis le fond du jardin.

Antonio Davila (1934-1993):disque, marbre blanc, 1990.



A droite: blue focus - 2008 par Fred Schneider (1943-2009).

Au fond du parc à droite, un espace est consacré principalement aux œuvres de Parvine Curie:

Petit temple eau -1988, résine polyester.

Torcello III - 1983 , marbre.

Samarka - 1990, bronze.


Banyan ailé -1998, bronze.

Arbre heaume -1986, bronze.

                                                           AU FOND DU JARDIN:

Une autre sculpture de François Stahly: l'arbre de vie - 1961.

Robert Couturier (1905-2008):figure macabre, 1974.
*
Raymond Veysset (1915-1967): sans titre.

Sylvie Koechlin (née en 1956): 11 septembre - 2001.



Surprise tout au fond du jardin: un buste  réalisé par Gustave Courbet (1819-1877) Il représente Helvetia ou la Liberté - 1875.






dimanche 5 février 2017

LA MAISON DE CHATEAUBRIAND dans le domaine de la VALLEE AUX LOUPS à CHATENAY-MALABRY.


CHATEAUBRIAND a habité la VALLEE AUX LOUPS  de 1807 à 1818. Il acquiert le domaine et la demeure du XVIIIe siècle qui s'y trouvait, situés dans le hameau du Val d'Aulnay à Châtenay-Malabry, le 22 août 1807 et s'y installe avec son épouse Céleste.. Il y rédigea plusieurs de ses œuvres, il y commence en particulier Les Mémoires d'outre tombe. En raison de problèmes financiers, il devra se séparer de cette propriété.
Son acquéreur, Mathieu de Montmorency, ami et créancier de Chateaubriand, ajoutera au bâtiment une aile avec tourelle et une orangerie, ainsi qu'une chapelle. Mathieu de Montmorency recevra à la Vallée aux Loups Juliette Récamier .

La maison juxtapose visiblement plusieurs apports. Le portique supporté par des caryatides - cachées en hiver) a été ajouté par Chateaubriand. L' aile comportant une tourelle a été construite après 1818 par l'acquéreur de la maison, Mathieu de Montmorency

La famille de La Rochefoucauld-Doudeauville héritera de la propriété et y fera de nombreux aménagements.
Après 1914, elle devient une maison de repos. Le propriétaire, le Dr Henry le Savoureux  crée à la Vallée-aux-Loups, en 1930, la Société Chateaubriand et constitue un important fonds (livres et gravures) consacré à l’écrivain. Il y reçoit aussi régulièrement à déjeûner des personnalités du monde littéraire, artistique ou scientifique ,telles qu'Anna de Noailles, Paul Valery, Paul Léautaud, Julien Benda, Jean Paulhan, le professeur Débré et d'autres.


L'ancienne orangerie, également ajoutée par Mathieu de Montmorency, est devenue un agréable salon de thé qui accueille les visiteurs. A droite, une chapelle, construite également par Mathieu de Montmorency, jouxte ce local

En 1967, le domaine est vendu au département de la Seine et est depuis 1987 la propriété du département des Hauts de Seine.
C'est devenu un musée départemental où l'on peut découvrir un mobilier d'époque et des documents sur Chateaubriand.

VISITE INTERIEURE DE LA MAISON:
Le visiteur est surpris par la beauté et la qualité de l'ameublement, d'époque paraît-il . Dans chaque pièce, des panneaux pédagogiques évoquent tel ou tel aspect de la vie ou de l'œuvre de l'écrivain, ou identifient les éléments de la décoration (tableaux etc).

AU REZ DE CHAUSSEE:

LA BIBLIOTHEQUE:

Elle est constituée d'un fonds important d'ouvrages (12000) consacrés à Chateaubriand et au romantisme.


Elle est accessible aux chercheurs , mais aussi le lieu d'animations diverses, comme ici une séance de lectures de textes romantiques sur le thème de la mer.



Une vue sur l'étage supérieur.

LES PIECES A VIVRE :


                                                            LA SALLE A MANGER.


 L'ESCALIER  A DOUBLE BRANCHE, installé par Chateaubriand, viendrait d'un bateau. Il est bien significatif de l'attachement de l'écrivain à la Bretagne et à la mer, et de son goût des voyages.



De part et d'autres, deux belles  statues neo classiques du XIXe s figurant la chasse et la pêche.


 LE GRAND SALON, orné d'un mobilier d'époque Charles X en érable moucheté incrusté d'amarante.


 Le SALON BLEU: on y voit le lit de repos sur lequel Juliette Récamier a posé pour le peintre David . Une copie du fameux tableau orne la pièce.
Chateaubriand la rencontre en 1801 chez Mme de Stael, mais n'aura une liaison amoureuse avec elle qu'à partir de 1817 et jusqu'à sa mort en 1848.

Un autre joli salon.


                                                 Belle composition avec oiseaux.

                                                                  A L'ETAGE:

                                                         LE SALON POLITIQUE:



Il est orné de plusieurs ouvres de Girodet dont ce fameux portrait de Chateaubriand.

                                                                     
                                                
                                                                 LE PETIT CABINET:


              La décoration iconographique y évoque notamment les différents domiciles de l'écrivain.

                                                      L'ANTICHAMBRE TURQUE:
        
Le papier peint rappelle le voyage effectué en orient par l'écrivain de 1806 à 1807. La décoration iconographique illustre son œuvre: ATALA.

                                          LA CHAMBRE DE JULIETTE RECAMIER:


C'était auparavant la chambre de Céleste, l'épouse de Chateaubriand. Lors de ses séjours à la vallée aux Loups, entre 1818 et 1826 (le propriétaire était alors Mathieu de Montmorency), cette chambre lui était attribuée.




                                                   Tout ici évoque Juliette Récamier.

                                           LA CHAMBRE DE CHATEAUBRIAND:




La décoration iconographique y évoque les dernières années de Chateaubriand.


Nouvelle vue de l'escalier depuis le premier étage.


                         A LA DECOUVERTE DU PARC:

                     Pour découvrir la demeure, il faut depuis la grille d 'entrée gagner le fond du parc.


Bientôt une tourelle se profile au bout du chemin.


Vue arrière.


Vue avant partielle.


Perspective du parc vu de la maison.


Le salon de thé et la chapelle.


La maison vue du salon de thé.

Nous faisons à présent le tour du parc:

Chateaubriand avait une passion pour la botanique et le jardinage; il  aimait les arbres et  il s'occupa lui-même de planter les spécimens: des essences locales, comme le châtaignier, mais aussi  venues de diverses parties du monde: cèdre du Liban, platane de Grèce, cyprès chauve de Louisiane, tulipier, catalpa, magnolia, hêtre pourpre, séquoia, pin d’Espagne, laurier de Grenade. « Je les ai choisis autant que j’ai pu des divers climats où j’ai erré ; ils me rappellent mes voyages et nourrissent au fond de mon coeur d’autres illusions ».


Au fond, on aperçoit le grand cèdre du Liban que Chateaubriand aurait planté lui-même.



Une vue de la maison un peu plus loin...


Ici les branches tourmentées d'un catalpa, qui aurait été planté par Chateaubriand.


Quelques moutons dans un enclos amusent les enfants. Au fond, la tour Velleda.


Dans la tour Velléda, qui tient son nom d'un personnage des Martyrs, Chateaubriand avait installé son bureau et sa bibliothèque. Il s'y retirait pour écrire au moins douze heures par jour. Il y a commencé Les Mémoires d'Outre tombe. A la demande de son épouse , il fit installer une chapelle à l'étage.


Vue sur un bel arbre du parc. Au premier plan, des enfants jouent avec les moutons.

Au delà des branches de l'immense cèdre du Liban, nous apercevons de nouveau la maison.


A l'approche de la maison.

Et nous voici de nouveau devant la maison.


LUMIERE D'UN SOIR DE FEVRIER A LA VALLEE AUX LOUPS:

Un ciel d'abord tourmenté...




Puis une trouée lumineuse  crée un éclairage intense sur le domaine:






Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – parc et maison de Chateaubriand
87 rue de Chateaubriand
92290 Châtenay-Malabry
tél. 01 55 52 13 00