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lundi 30 octobre 2017

Le château de VILLEBOUZIN à LONGPONT SUR ORGE.

                                           Un harmonieux château du XVIIe siècle:
Le château de Villebouzin est un harmonieux château de la fin du XVII e siècle  situé à Longpont sur Orge, près de Montlhéry. Il a été construit pour le comte de Montgomery à l'emplacement, comme souvent, d'un ancien château féodal. Malgré certaines modifications au XIXe siècle, le bâtiment d'origine est pour l'essentiel bien conservé. Il a cependant été restauré en 1912 par l'architecte Paul Friesé. Le parc à l'anglaise créé en 1785 par le marquis d'Eschoisy a été remplacé en 1911 par un jardin à la française. C'est aujourd'hui une clinique psychiatrique: des bâtiments complémentaires ont été construits dans l'ancienne roseraie.

Le château de Villebouzin aujourd'hui.

MESSE NOIRE AU CHATEAU:
Son histoire a été marquée par un fait de sorcellerie plutôt monstrueux. En 1673, une messe noire commanditée par la marquise de Montespan s'est déroulée dans la chapelle du château. A cette époque, la favorite du roi Louis XIV craignait de perdre les faveurs de son royal amant. Une messe noire est une sorte de messe inversée, on n'y demande pas l'aide de Dieu, mais au contraire l'aide des "puissances infernales" dans un certain but. Seul un prêtre peut officier.
Madame de Montespan demanda alors à l'abbé Guibourg, ancien aumonier des Montgomery, de pratiquer une messe noire pour recouvrer l'amour du souverain. A cette époque, le château avait conservé des éléments du bâtiment primitif du XIVe siècle (tours, douves profondes en eau) , et le

L'abbé Guibourg officiant...

cadre, selon J. Lair, était "bien choisi pour de ténébreuses incantations"...Le prêtre, en présence de quelques témoins, dit donc la messe sur le corps nu de la favorite , couchée sur les dalles froides et humides du château, les bras en croix, un cierge dans chaque main. La cérémonie impliquait un sacrifice sanglant, celui d'un nourrisson, que le prêtre avait acheté un écu à sa  mère! Guibourg prononça alors la "conjuration" dont voici les termes: "Astaroth, Asmodée, prince de l'Amitié, je vous conjure  d'accepter le sacrifice que je vous présente de cet enfant pour les choses que je vous demande, qui sont l'amitié du Roi et de Monseigneur le Dauphin me soit continuée, et, honorée des  princes et princesses de la Cour, que rien ne me soit daigné de tout ce que je demanderai au Roi, tant pour mes parents que serviteurs". Il "piqua" paraît-il ensuite le nourrisson à la gorge avec un canif, il versa le sang qui s'échappait de la plaie dans le calice, après quoi l'enfant fut emporté dans un autre lieu.(1)

Autre vue du château - carte postale ancienne.

Des sacrifices inutiles:

Deux autres messes noires furent prononcées par la suite par l'abbé Guibourg , l'une dans une cabane en ruines retirée en pleine campagne, une autre  dans une maison chic de Paris. Ce fut peine perdue, car en 1679, Louis XIV  prit une nouvelle maîtresse, Melle de Fontanges. La rumeur a couru que par la suite Mme de Montespan aurait songé à recourir au poison, avec l'aide de la Voisin, déjà impliquée dans les messes noires, pour supprimer sa rivale, morte prématurément... mais peut-être de mort naturelle?

(1): Source principale: "Le drame des poisons" Fr.Funk-Brentano.

dimanche 28 décembre 2014

La basilique Notre Dame de la Bonne Garde à LONGPONT sur ORGE..

Au XIe siècle, Guy 1er , seigneur de Montlhéry décide la construction d'une vaste église à l'emplacement d'un ancien oratoire qui aurait été édifié au IIIe siècle par Saint Denis et son disciple Saint Yon, de passage , à l'emplacement d'un chêne où aurait été trouvée une statuette de femme tenant un enfant dans ses bras : elle portait une inscription Virgini Parituræ, « la Vierge qui doit enfanter ». Vers 1061, 22 moines bénédictins, envoyés par Hugues de Semur, prieur de Cluny, s'installent à Longpont où est créé  un prieuré. Celui-ci s'enrichit en biens, dîmes, droits et revenus venant de toute la contrée . Longpont a été fréquenté par les rois de France Louis VI, Louis VII, Philippe le Bel, Philippe de Valois et Charles VIII ; Louis de France, fils puîné de Philippe le Hardi, y est mort en 1319. Le prieuré déclinera avec le temps et à la Révolution, il sera vendu comme bien national et démoli, tandis que l'église est laissée à l'abandon ; l'abside et le transept sont détruits. Des travaux de reconstruction sont entrepris en 1875 grâce à l'abbé Arthaud. Pie X érige l'église en basilique sous l'appellation de Notre Dame de la Bonne Garde. A l'arrière de la basilique, une agréable promenade est aménagée le long de l'Orge.


                           Vue arrière de la basilique, depuis la promenade des bords de l'Orge.


Vue latérale.

                                        
                                                                      Le chevet.
                                             

                                                              doc internet.
Le portail (côté ville).
Il a été restauré et embelli au XVe siècle par le roi Charles VIII et son épouse Anne de Bretagne. Les statues du tympan ainsi que celles du portail ont été mutilées en 1562 par les troupes protestantes de Louis de Bourbon. La Vierge à l'enfant située sur le trumeau, décapitée à cette époque, a été restaurée en 1850. Les statues : il devrait s'agir de saint Paul et saint Pierre de chaque côté de la porte, et sur le côté extérieur de saint Étienne à gauche et de saint Marcel à droite. Le linteau du tympan représente à gauche la Dormition de la Vierge et à droite l'Assomption. Le haut du tympan est sculpté d'une scène de couronnement de la Vierge ; la voussure extérieure illustre la parabole des vierges folles et des vierges sages. Les deux niches vides situées de chaque côté du tympan étaient autrefois occupées par deux statues représentant Anne de Bretagne et Charles VIII, surmontées par un écu aux armes de France et de Bretagne. Elles ont été retirées à la Révolution.