vendredi 2 mai 2014

L'Eure et Loir méconnue : LE CHATEAU DE MAINTENON.

Le château de Mme de MAINTENON.
 
Il faut aller au delà de Rambouillet , dans la vallée de l'Eure , aux confins du Hurepoix et de la Beauce , pour découvrir le château de Maintenon. Première surprise : sa situation au cœur de la petite ville. Sa masse imposante barre la perspective de la place principale , où donne aussi la mairie. Ce qui attire le curieux , c'est  principalement de voir à quoi ressemble le château de Mme de Maintenon , la dernière épouse  du roi Louis XIV. Françoise d'Aubigné, petite fille d'Agrippa d'Aubigné et veuve du poète Scarron, qui deviendra Mme de Maintenon par la volonté du roi , achète le domaine en 1674 avec le soutien financier de celui-ci. Elle pensait y passer ses vieux jours , mais l'attraction de la Cour où elle joue un rôle de plus en plus important auprès du roi va l'éloigner de son château. Elle n'y viendra plus après 1688  et en 1698 elle lèguera le domaine à sa nièce Françoise Aimable d'Aubigné en guise de dot pour son mariage avec Adrien Maurice, duc d'Ayen , puis duc de Noailles. Le château n'est donc lié à la présence de Mme de Maintenon qu'une quinzaine d'années .
 
Trois familles propriétaires  principalement.
 
Le château appartiendra en fait principalement au fil du temps à trois familles : du XIII au XVIe siècle , les Amaury , seigneurs de Maintenon en seront les propriétaires ; la seigneurie sera achetée sous Louis XII par Cottereau , intendant des finances du roi et restera à ses descendants:à sa mort en 1530, il le laisse en héritage  à Jacques d'Angennes, seigneur de Rambouillet, son gendre. Son fils Louis d'Angennes en hérite en 1562 et devient baron de Maintenon. Il restera dans la famille d'Angennes jusqu'en 1674 , date à laquelle la future Mme de Maintenon l'acquiert. Après 1698 et jusqu'à nos jours , il échoit à la famille de Noailles. Les derniers propriétaires M. Raindre et son épouse , née Geneviève de Noailles , lèguent le domaine à la fondation Maintenon pour le sauvegarder , et depuis 2005 , le Conseil général d'Eure-et-Loir gère directement le site.
 
 Une construction qui s'étale sur plusieurs siècles.
 
Ce que nous apprend de plus frappant la visite du château , c'est que celui-ci a été élaboré progressivement sur plusieurs siècles. Lorsqu'on regarde la façade qui donne sur le jardin , en tournant le dos à celui-ci , on distingue à gauche une massive tour carrée en grès : elle a été construite au XIII e siècle par les seigneurs de Maintenon. Au XVe , ils la dotent de mâchicoulis et d'un toit en ardoise, et construisent trois autres tours en brique reliées entre elles par des courtines crénelées. Le château a alors la forme d'un quadrilatère avec tours aux angles , dont un donjon (la tour carrée). Au XVIe , Cottereau édifie un nouveau logis avec un châtelet d'entrée encadré de deux poivrières (voir photo 1) , auquel on accède par un pont levis sur douves , puis il réalise l'aile Est du château (entre deux des tours rondes).Vers 1686 , Mme de Maintenon ajoute une nouvelle aile entre le logis et la tour carrée pour y  installer ses appartements ; puis Louis XIV ordonne la construction d'une aile reliant la tour ronde côté est à l'église Saint-Nicolas attenante. Enfin la courtine crénelée du XVe située à l'arrière du château est détruite pour ouvrir une perspective sur les jardins. Vers 1850-1860 , le duc Paul de Noailles fait remanier la façade du "nouveau logis" donnant sur la cour d'honneur en style gothique flamboyant. La nouvelle façade portée par des arcades imite l'aile Louis XII du château de Blois. Le château sera grandement endommagé par les bombardements alliés et la restauration entreprise par les derniers propriétaires , M. et Mme Raindre , s'étalera sur une quinzaine  d'années.
 
 Les appartements , les jardins , et l'aqueduc.
 
Les appartements du château méritent une visite : l'aile ouest contient , donc, les appartements de Mme de Maintenon , reconstitués et réinterprétés par le duc Paul de Noailles au XIXe siècle. L'aile Est contient les appartements privés des Noailles tels que les ont aménagés au XIXe Paul de Noailles et son épouse Alicia de Rochechouart de Mortemart (descendante de Mme de Montespan !) Le roi avait sa pièce réservée à l'entrée de l'aile nord ( menant à l'église); cette aile nord , d'abord simple couloir, fut aménagée en appartement de style second empire par le duc Paul de Noailles au XIXe siècle ; son joyau : la spectaculaire galerie dédiée à l'histoire des Noailles-Mortemart.
 
C'est LE NOTRE qui est chargé par Louis XIV , e n 1676 , de dessiner les plans du parc : il élabore les parterres , fait creuser un canal dont la perspective s'ouvrira sur l'aqueduc voulu par Louis XIV et réalisé par VAUBAN. Cet aqueduc était destiné à acheminer l'eau de l'Eure jusqu'aux jardins de Versailles . Il ne sera jamais terminé , Louis XIV ayant besoin d'argent pour ses campagnes militaires ; il fera don de l'aqueduc à Mme de Maintenon ; cet aqueduc en ruines donne un aspect  romantique au lieu. Le merveilleux jardin planté de 15 000 tulipes réalisé sous l'égide du Conseil général en avril 2014 valorisait considérablement le site !.
 
JMS
 
Cliquer sur les images pour les agrandir.
 
 
La façade côté ville : on distingue deux des trois tours en brique du XVe , le châtelet d'entrée entouré de deux poivrières (XVIe), auquel on accède en franchissant des douves. Entre les tours rondes , le nouveau logis de Cottereau (XVIe). A gauche , l'amorce de l'aile nord qui mène à l'église Saint-Nicolas.
 
Le châtelet d'entrée entouré de deux poivrières (XVIe).
 
L'église Saint-Nicolas attenante au château et à droite l'aile qui permettait à Louis XIV d'atteindre l'église sans passer par l'extérieur.
 
La façade sud du château , précédé du jardin à la française créé par Le Nôtre.
A gauche ,la tour carrée en grès (XIIIe s) , à droite une des 3 tours rondes en brique du XVe.
 
Autour de la cour d'honneur:
A gauche, l'aile bâtie pour Mme de Maintenon (XVIIe), où sont situés ses appartements; à droite , l'aile est de Cottereau (XVIe) ,au fond le "nouveau logis" de Cottereau , remanié au XIXe  par le duc Paul de Noailles en style gothique flamboyant, avec ajout d'arcades à la base.
 
 
Un merveilleux  jardin de tulipes qui a valorisé le site (avril 2014).
 
Autre vue.
 
Le jardin et l'aqueduc de Louis XIV qui ferme la perspective.
 
Aspect du jardin de tulipes.
 
Une autre vue qui découvre le canal.
 
 
Le jardin et l'aqueduc - variante.
 
 
 
 
Château et jardin cernés d'une douve
 
 
 
 
 
 
La tour carrée en grès (XIIIe siècle).
 
 
Reflets dans la douve.
 
 
La douve côté est.
 
 
Le canal joue aussi le rôle de miroir d'eau.
 
 
 
Une belle allée d'arbres le long du canal attire le promeneur.

Le château dans la perspective du canal.

                                                           Une agréable promenade.

 Encore une belle vision du château.

jeudi 1 mai 2014

Le vieux VIRY-CHATILLON.

En 1790 , le bourg de Viry-sur-Orge et le hameau de Châtillon- sur - Seine se sont réunis pour former la commune de Viry-Châtillon.
Elle s'étend à la limite nord -ouest du Hurepoix (Viry) et sur la rive gauche de la Seine (Châtillon).
Nous sommes allés à la recherche du patrimoine local.
Le quartier de l'église et de la mairie , quoique considérablement rénové , et de façon assez réussie,  garde un charme ancien en raison de la présence , sur une  superficie assez réduite , d'un certain nombre d' éléments de patrimoine .

                                              Cliquer sur les images pour les agrandir.


Le bâtiment central de la mairie est l'ancien château de La Tournelle , construit au XIXe s pour Jean-Baptiste Bruneau , maire de Viry , sur le site de la "ferme de la Tournelle" qui dépendait du domaine de Piédefer.


Il devient mairie en 1962.
Deux ailes ont été ajoutées pour abriter des services municipaux.


L'ancien parc du château de la Tournelle est devenu le parc municipal de la mairie.


Au centre un bassin où oies, canards, poules d'eau s'ébattent ... et parfois même un héron nous honore de sa présence...




"La ferme" est une ancienne dépendance du château de la Tournelle  (la ferme de la Tournelle elle-même , dépendance du domaine de Piedefer ,  n'existe plus).


Vue arrière de "la ferme".


Le château des Marches abrite depuis 1989 le conservatoire de musique .
Un fief des Marches existait dès le Xe siècle; une maison seigneuriale s'éleva ici de 1493 à la Révolution. Le château des Marches devint une maison de campagne au XIXe siècle, puis une maison d'habitation vers 1900, un café de village en 1932 et une école catholique en 1945.


Vue latérale de ce superbe bâtiment des XVIIe-XVIIIe siècles


Le domaine de Piédefer (XVIIe siècle).
Il tient son nom d'une famille d'ancienne noblesse originaire du Beauvaisis, qui acquiert le fief en 1531. Fief agricole à l'origine , il devient peu à peu domaine de plaisance. Nicolas Loir, peintre du roi et le maréchal Davout en furent notamment les propriétaires. Maison de convalescence pour les aviateurs pendant la Première Guerre mondiale, l'endroit accueille un établissement privé, l'Institut Saint-Clément, de 1929 à 1992. Acquis par la ville en 1992 et 1993, restauré, il abrite des services municipaux et l'espace culturel Condorcet.


Le parc du domaine est devenu un jardin accessible aux promeneurs.


Au fond , l'ancienne orangerie du domaine de Piedefer.


Plus loin , une partie du parc  plus sauvage invite à la promenade.


L'entrée du nymphée (ou grotte de rocailles et de coquillages) du XVIIe - L'intérieur est visible certains jours de l'année.


L'intérieur du Nymphée (image internet).
Michel Poncet de La Rivière, évêque d'Uzès, l'a vraisemblablement fait édifier pour sa sœur qui venait d'acquérir le domaine. Il a aussi servi de chapelle du temps de l'Institut St Clément.


Une date (celle de la construction de la galerie qui abrite le nymphée) au dessus d'un baptême du christ.


Autre ornementation plus païenne (sans doute Venus et Eros) ,surmontée d'une tête dionysiaque.


Les rues Maurice Sabatier (photo) et Francoeur ont gardé leurs pavés d'autrefois.
Ci-dessus ,à droite, les lucarnes de ces maisons anciennes rappellent leur usage agricole d'autrefois : on y hissait le blé par des poulies.


Rue Maurice Sabatier :une ancienne fontaine signalée par une plaque.



L'église Saint-Denis (XIIe-XIIIe s) se profile ici au bout d'une rue étroite.
C'est autour d'elle que s'est développé le bourg de Viry.


Le vieux lavoir , l'église , et la 1ere mairie de Viry (sous l'église) : le bâtiment date du XVIII e siècle et a été aménagé en mairie -école  au XIXe . Il y avait une classe unique de 60 élèves!


Rue Horace de Choiseul , au cachet ancien. Le lavoir date de 1633 et est alimenté par la source Saint-Denis qui traverse préalablement plusieurs propriétés.


L'église , construite au sommet d'un tertre , domine la cité. Elle est entourée de tombes anciennes.



Le Benoist-Préau , 7 rue Maurice Sabatier.  Cette demeure aurait appartenu aux moines de l'abbaye de Longpont sous l'appellation de « Maison-Dieu ». Différentes familles en ont été les propriétaires , notamment le comte Horace de Choiseul : son épouse y installa un dispensaire. Aujourd'hui les lieux sont occupés par les sœurs de la communauté des diaconesses de Reuilly.


La 2e mairie de Viry , inaugurée en 1888 , était flanquée d'une école de garçons d'un côté et d'une école de filles de l'autre. Elle sert aujourd'hui de MJC et à certains services de la mairie.



 En s'éloignant du centre par la rue Francoeur , on aperçoit un étrange édifice en partie masqué par des arbres : c'est l'ancien pavillon d'entrée du château de Viry, construit en 1809 pour la duchesse de Raguse , fille de Jean Perregaux, fondateur de la Banque de France, et femme du maréchal Marmont.


Vue latérale.
Ce pavillon est tout ce qui reste du château de Viry (détruit en 1950) , où avait vécu notamment aux XVIe et XVIIe siècles la famille de l'écrivain Charles PERRAULT.


Le sommet de ce pavillon  néo-gothique émerge des arbres. L'édifice a la forme d'un
arc de triomphe, et comporte une voûte de 7,50 mètres de haut. Une chapelle est située au premier étage, et le fronton est orné des armes et de la devise des ducs de Raguse.


Une immense propriété (toujours privée apparemment) d'où émergent des arbres immenses  et fermée de hauts murs domine le vieux Viry . Un panneau près d'une des entrées , fermée par une grille monumentale mais rouillée , indique au passant qu'il s'agit du "Pavillon Choiseul" - qui aurait appartenu notamment au duc Horace de Choiseul-Praslin (1837- 1915)  diplomate et homme politique français.


L'imposant mur du parc du pavillon CHOISEUL.


Cette carte postale ancienne nous donne une idée de l'édifice à son apogée.


Le moulin de Viry (XIXe siècle).
Il faisait partie d'une ferme dépendant du pavillon Choiseul ,vaste propriété qui a appartenu aux ducs de Choiseul et qui domine encore le vieux Viry. Les sociétés commerciales qui ont acquis le terrain ont eu obligation de l'entretenir. Il a été restauré en 1972. Les ailes abîmées lors de la tempête de 1999 ont été remplacées en 2001. Reconstruites en bois exotique « bois rouge du sipo » équivalant au chêne, elles sont longues de 9,88 mètres et larges de 2,58 mètres.

Le moulin dans son environnement d'autrefois - curieusement sans ailes à l'époque.


Aujourd'hui il voisine avec un macdo et un centre commercial , au bord d'un rond point où la circulation est infernale!

* A DECOUVRIR aussi : le vieux GOMETZ LE CHATEL.

vendredi 25 avril 2014

Les articles de 2013/2014 les plus lus dans CHARMES MECONNUS DU HUREPOIX.

Le blog photos "CHARMES MECONNUS DU HUREPOIX" cherche à mettre en valeur paysages et patrimoine du plateau du Hurepoix, qui correspond au sud de l'Ile de-France (département de l'Essonne et une partie des Yvelines).

Le cap des-66 000 pages visitées est franchi.

C'est sur: www.jmsattohurepoix.blogspot.com
Les articles de 2013 les plus lus:

1- Les "FOLIES" du domaine de GROUSSAY à MONTFORT L'AMAURY + de 950  visites. http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/04/les-folies-du-domaine-de-groussay.html

 2- Le château de JEURRE à Morigny-Champigny (Essonne). + de  565 v
http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/07/le-chateau-de-jeurre-morigny-champigny.html

3 - LA CHAPELLE ET LE CIMETIERE RUSSES de SAINTE-GENEVIEVE DES BOIS + de 410 v  http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/05/la-chapelle-et-le-cimetiere-russes-de.html

4- Le HUREPOIX AU TEMPS DU COLZA (JMS photographies) + de 405 v
http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/06/colza-2013-en-hurepoix.html

5- Le château de BANDEVILLE + de 395 v http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/08/le-chateau-de-bandeville.html

6- SUR LES PAS DE VICTOR HUGO au château des ROCHES à BIEVRES. + de 400 v http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/10/le-chateau-des-roches-vauboyen-commune_14.html

7 - Rochefort en Yvelines :ville seigneuriale (2) : église et châteaux + de 375 v http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/03/rochefort-en-yvelines-autour-de-leglise.html

8- Le HUREPOIX AU TEMPS DES COQUELICOTS (JMS photographies) + de 370 visites.
http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/06/le-hurepoix-au-temps-des-coquelicots.html

9 - Rochefort en Yvelines: ville seigneuriale (1) + de 370v
 http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/03/rochefort-en-yvelines-ville.html

10- MONTFORT L'AMAURY : des seigneurs de Montfort à Maurice RAVEL:+ de 360 v
http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/05/montfort-lamaury-des-montfort-maurice.html

11 - Nouvelles fantasmagories aux étangs de Saclay (JMS photographies) + de 325 v http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2013/10/soleil-couchant-du-10-septembre-2013.html

12- DEUX CYGNES DANS LE SOLEIL COUCHANT- Etangs de SACLAY (JMS photographies) . + de 260 v
http://jmsattohurepoix.blogspot.com/2014/01/etang-de-saclay-au-soleil-couchant-19114.html

13 - L'EGLISE DE BOULLAY-LES-TROUX . + de 255 v
www.jmsattohurepoix.blogspot.com/2011/02/leglise-de-boullay-les-troux-essonne.html

Cordialement.
Le webmaster.
JM SATTONNAY.

jeudi 24 avril 2014

LIEUX MAGIQUES EN HUREPOIX : l'étang de la ferme de La Fillolière près du château de Breteuil.

Il est des lieux fétiches du photographe , des lieux magiques où il aime à retourner pour les photographier encore et encore , et saisir des ambiances différentes.

Cliquer sur la 1e image pour l'agrandir et accéder au diaporama.